L’univers de l’âme – Livre de poèmes de Giovanni Teresi

http://www.ouaknine.fr/catalogue3.htm

 http://yves-fred.over-blog.com/article-l-univers-de-l-ame-81408614.html

Introduction

 

“Tu enim, domine, diiudicas me, quia etsi nemo scit hominum, quae sunt hominis, nisi spiritus hominis, qui in ipso est”

Qui peut discerner et juger les choses de l’homme – se demande Saint Augustin (Confessiones, liber IX, caput IV) si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui?

“… tamen est aliquid hominis, quod nec ipse scit spiritus hominis, qui in ipso est, tu, autem, domine, scis eius omnia, qui fecisti eius …”.

Cependant, il y a quelque chose qui toujours dépassera la recherche de l’homme sur lui-même, car ce quelque chose – dit le Doctor Fidei – relève du mystère de Dieu.

Et à propos de ceux qui se demandent ce qu’Il faisait avant la création il répond:

 “videant itaque nullum tempus esse posse sine creatura … et intellegant te ante omnia tempora aeternum creatorem omnium temporum, neque ulla tempora tibi esse coeterna …”

(Liber XI, caput XXX).

Dieu est avant toute chose.

“Nullo ergo tempore non feceras aliquid, quia ipsum tempus feceras, et nulla tempora tibi coeterna sunt, quia tu permanes …”

(Liber XI, caput XIV).

En nul temps Dieu n’aurait pu rien faire, car avec le temps Il a tout fait, et l’homme vit dans le temps.

“ … et commutantur haec omnia, tu autem incommutabilis manes super omnia, et dignatus es habitare in memoria mea …”

(Liber X, caput XXV).

Donc la mémoire, à savoir la conscience, a la mesure du temps. Mais la mémoire c’est douleur, c’est souffrance (“nec patiar quaestiones hominum”, cf. caput XXX. Liber XI). La mémoire naît avec l’histoire de l’homme, laquelle est douleur et souffrance, non seulement parce qu’il est à la recherché du sens de sa vie, mais parce qu’il inflige cette douleur à ses semblables.

Et ce n’est pas un hasard si l’auteur insiste sur la passion du Christ, exemplum per excellentiam passionis.

Mais l’auteur est anima naturaliter innocens et il dit avec St. Augustin: “ … haec amo, cum amo deum meum et tamen amo quandam lucem et quandam vocem et quendam dolorem …” (Liber X, caput VI).

Bien que le temps soit devenu douleur, à cause de l’iniquitas hominis (“ Propterea, sicut per unum hominem peccatum in hunc mundum intravit …” (Paulus, Ad Romanos 5:12), il y a quelque chose chez l’homme qui est super eum, qui est au-dessus de lui, et qui détermine son innocence, car cette innocence c’est Spiritus Dei.

Malgré la déchéance du temps et de l’histoire de l’homme, l’innocence doit prévaloir, avoir le dernier mot, car c’est le Verbum Dei: en cela se résume le message du poète. En effet, soit qu’il écrive en prose, soit qu’il s’exprime en poésie, le motif central de toute sa production, c’est toujours le même: innocentia cordis ante tempus.

Le dernier poème (Innocentia Foedata) de cette série naît d’un fait divers: dans son pays une fillette a été râvie et, à la suite d’une longue recherche exténuante, a été retrouvée morte.

Or, cette douleur, chez le croyant, devient éminemment symbolique.

C’est ainsi que le poète peut s’exclamer avec le Père de l’Eglise déjà cité, mais en s’adressant à toutes les victimes de l’INIQUITAS HOMINIS:

“Ego autem sanato corde ab illo vulnere, in quo postea redargui carnales affectus, fundo tibi, deus noster, pro illa famula longe aliud lacrimarum genus, quod manat de concusso spiritu, de consideratione periculorum omnis animae, quae in Adam moritur,  quamquam illa in Christo vivificata, etiam nondum a carne resoluta …”

(Liber IX, caput XIII).

D’abord la vue de la mort de ces innocents peut fortement troubler, ensuite, par l’abondance des larmes versés, on se purifie en s’élevant vers le Dieu de la miséricorde et on implore la pitié divine non seulement pour la victime en question mais surtout pour toutes les âmes qui restent loin de la grâce du Christ (qui in Adam moriuntur).

C’est le devoir de tout chrétien et même de tout croyant. (Gioacchino Grupposo)

 

 Seuls dans l’univers?

Seuls dans l’univers:

dans l’attente des événements uniques de la planète?

La terre tourne dans l’atmosphère

et  pèse le temps parmi les splendides comètes.

La lumière du soleil court dans l’infini

et caresse les astres.

On entend un silence

qui  tresse, coud le rythme des jours

en rubans colorés

pareils à la palette de l’arc-en-ciel

se reflétant dans la mer saumâtre.

Unique, paradisiaque monde…

en des temps néfastes.

La vie est belle, précieuse:

ne doit-on aimer, protéger

non moins que les êtres, la totalité?

Seuls dans l’univers:

que cependant le Démiurge créa-t-il?

Seuls, et non moins nombreux,

parmi l’étendue des grains de sable et de sel?

 

 

Le miroir de l’âme

 Le regard attentif

médite …

dans l’indifférence est éteint

à cause de la guerre, de la douleur

de la faim;

parfois il est timide

autant qu’expressif

lâche

diligent et froidement calculateur;

parfois il est audacieux

dès lors il s’allume d’amour;

reflet de l’âme,

lumière d’un phare qui

passe par le moindre trou

et se fond …

dans l’immense océan.

De telles émotions subtiles

et fuyantes

sont perçues

dans le sentier de l’être.

 

 Anxiété

 Des pas hâtifs…

le long du sentier incertain

accompagnés de solitaires,

et fuyants regards

mènent dans des antres proches et clos.

Des vols distraits à travers des pensées

errantes bercent des souvenirs anciens.

Jours, instants affleurent…

Sons, voix, odeurs, ombres

qui partagent des demeures communes.

Des histoires sculptées sur les murs,

des mots écrits sur des pages jaunies,

des calendriers vieillis

attachés à des clous rouillés

rappellent des lunes révolues.

Le sifflement d’un train lointain

parvient à travers la brume humide

chargé de l’anxiété

de nouvelles attentes…

des fragments de miroirs

jetés au hasard

reflètent des morceaux de ciel,

et des mots, éclats de vie

refluent contre des débris copieux

parmi des bagages en désordre.

On reprend, après,

à l’heure dictée, rythmée

par des gouttes de pluie, attendant

sous des balcons de marbre,

le rail incertain, en feuilletant

et lisant le journal,

en rêvant aussi

à un lieu différent.

                                    Giovanni Teresi

 

   La poésie de Giovanni Teresi est marquée du sceau de la spiritualité la plus pure. La présence divine se manifeste dans chaque phrase, dans chaque mot, dans chaque silence, dans chaque souffle.

Depuis les temps les plus reculés, la poésie et la spiritualité ont mêlé leur force et leur beauté pour indiquer aux poètes la voie qui peut les conduire aux élans les plus sublimes.

L’âme qui réside au plus secret de chacun de nous, croyants ou non, poètes ou non, nous aide à nous immerger dans l’univers, dans cet infini dont nul cerveau humain n’a jamais pu imaginer les bornes. L’univers n’a pas de limites et nos âmes le parcourent en tous sens, bien au-delà de la ligne d’horizon sur laquelle se brise notre pauvre intelligence humaine.

Nos âmes sont autant d’étincelles jaillies de nos cœurs, de nos jardins secrets que seuls les poètes savent explorer. Leur sensibilité leur ouvre les portes de tous les mystères de l’invisible, c’est-à-dire de la vie véritable, de celle-là qui vibre derrière les miroirs quand nous savons regarder plus loin que les images banales que ceux-ci nous renvoient.

Rompre avec la banalité quotidienne est la mission du poète.

Giovanni Teresi est maître dans cet art de donner aux mots et aux images la noblesse qui les projette dans un univers inexprimable et à toujours interdit aux êtres prisonniers de leur seul « moi ». Sa poésie tend à nous extraire du « néant ». N’écrit-il pas : « Le sens déchiffrable de la sage vérité domine le néant parmi les étoiles et les météores dans un mouvement vertigineux reculé dans le monde lointain inapprochable » ?

Admirateur de la « divine perfection », Giovanni Teresi la recherche aussi bien dans « les gouttes de rosée, de limpides cristaux, des lumières et des couleurs du petit monde [qui] se reflètent suspendus à de fragiles rayons de soleil » que dans « l’élégance du vol d’un joli papillon, la minuscule présence d’un insecte prisonnier de la toile d’araignée… ».

Infatigable chercheur de lumière, de vraie lumière (celle qui rayonne encore quand le jour plonge dans la nuit), de sagesse, de vraie sagesse (cette sagesse qui se manifeste si bien dans la force de l’âme et dans la beauté de l’infini), Giovanni Teresi sublime le « Verbe », ce « Verbe » que, dans le prologue de son Évangile, saint Jean plaçait à l’origine de Tout et mariait avec la Lumière « qui luit dans les Ténèbres ».

Le poète, lui aussi, est une lumière en errance dans le labyrinthe des ténèbres dont il cherche l’issue à travers ses élans, sa souffrance et ses cris. Cris de souffrance, certes, et aussi cris d’espérance et d’amour. Il est « chercheur de fraternité » : « Ô homme vêtu de ta peau, ne sois pas prisonnier de l’habit que tu portes ! […] La couleur de ta peau enfin n’appartient qu’à l’arc-en-ciel d’une nouvelle vie ! ».

Les étoiles brillent dans le firmament ; elles sont les éclats dispersés d’une Lumière universelle que, seul, le poète est capable de recomposer en sa primitive puissance comme, seul, il peut redonner à nos pauvres mots la puissance du Verbe.

Entre Lumière et Verbe, le poète trace sa route au milieu des écueils qui balisent sa marche et s’emploient à la ralentir et à la détourner. Mais, Giovanni Teresi n’est pas de ceux qui renoncent à leur combat pour un monde plus éclairé et enfin conscient de l’infini de « l’Univers de l’Âme ».

Quand on referme l’ouvrage de Giovanni Teresi (sachant qu’on le rouvrira souvent), on se sent plus libre, plus généreux, plus grand ; la beauté de ses poèmes ne peut nous laisser indifférents et nous en ressortons meilleurs et plus forts.

 Yves-Fred Boisset

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