“Récits Siciliens d’autrefois” – da (Racconti d’altri tempi) di Giovanni Teresi

http://www.libreriauniversitaria.it/racconti-altri-tempi-teresi-giovanni/libro/9788889203804

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  PRÉFACE

L’auteur de ces récits est sicilien et a déjà derrière lui une production assez nourrie, autant dans le genre poétique que dans le domaine de la narration.

Né dans une région éminemment méditerranéenne, il réussit, sans passer par des phases d’élaboration somme toute artificielle, à trans-mettre à sa création le génie typique de sa région. Ce génie, c’est le dieu Pan. Sans prétendre s’élever à une vision qui relève d’une phase conceptuelle et donc abstraite, à l’auteur il suffit de vivre en absorbant pour re-trans-mettre ce qu’il a reçu généreusement. Cela signifie que les choses et les êtres sont laissés vivre spontanément, dans leur milieu spécifique.

Leur vie, donc, c’est une vie panique, non idéologique. Habituellement, dans un contexte de narration, l’idéologie peut prévaloir et finit par ensemencer le tissu qui, par conséquent, reste iconographique et rétrospectif. Ici on est loin de là: le texte est déjà “fable” où les personnages, vitalement consistants, sont paniques dans la mesure où ils “annoncent” et “énoncent” la vie elle-même. Ici la fabulation, c’est le “dépouillement” du tissu artificiel dans lequel s’engluent les choses et les êtres qui évoluent dans l’”autre” monde, qui foulent l’”autre” scène, dont l’élément principal, est l’esprit trop sophistiqué pour saisir ce qui fonde en renversant leur “vie artificielle”.

L’altérité décidément autre qui a le privilège de fonder, chez l’auteur c’est l’ “émergence” du dieu Pan, de sorte que ses personnages, dénonciateurs du Postiche, sont habités par le soleil et la Terre.

Alors que les êtres du Postiche vivent comme les « moutons rabelaisiens », ignorant ce que signifient le soleil et la Terre, les personnages des récits qui vont suivre vivent tout spontanément ce que les premiers, composés et constitués de Postiche, pensent vivre du fait que ces derniers, claquemurés dans leur caverne très moderne, identifient leur vie au seul monde excellent possible. Par ses récits, l’auteur, dont l’inspiration est toujours panique, avoue sincèrement son désavouement de l’Ere Artificielle dont se complaisent la femme et l’homme métropolitains. On dira plus: son désavouement devient son Manifeste Poétique (la Poésie étant dans toute son œuvre le retour à la Morale) par lequel il l’annonce que le dieu Pan est le véritable Fondement de la vie humaine, si celle-ci revient à être “nuda et rustica“. Le mot latin “rus” c’est bien le contrepoint du Postiche, non parce qu’il met en évidence le concept opposé, mais parce qu’il focalise un rapport spécial.

Rus signifie, dans l’antiquité romaine, le “fondement cristallin” entre l’homme qui a connu l’Artificiel (l’urbs corrupta) et son retour à sa “véritable nature” (simplicitas virgilienne).

Pour comprendre la “simplicitas” de l’auteur, il serait possible de mettre en place une comparaison entre la “catégorie rustique” exprimée par le protagoniste du “Mas théotime” d’Henri Bosco et le “τόπos” qui se configure le long de l’œuvre de notre écrivain. Chez Bosco la Terre est virtus et elle est inconcevable sans la présence humaine, laquelle, grâce à la virtus, devient “histoire des générations”; de la même manière chez  M. Teresi le Paysage Méditerranéen est virtus et il n’est pas concevable sans la présence des dieux. Non que l’auteur fasse référence à ceux-ci (ce qui signifie tomber dans l’idéologie!), mais il arrive que la spontanéité du Paysage Méditerranéen porte l’empreinte de cette multiple divinité. Cette multiplicité n’est qu’apparente, elle n’est nullement numérique, elle est au contraire symbolique: elle renvoie à l’Essence Primordiale, à la force originelle d’où vient le dynamisme de la vie. Si l’artificiel efface cette MODALITÉ PRIMORDIALE en hypertrophiant le MENTAL, le PANISME (en dehors du courant esthétique qui s’en réclame) renverse le MENTAL en le remplaçant par le Spirituel: l’esprit redevient le λόγos qui légitime le rapport entre l’intelligence et la nature. Dans la vision spirituelle, l’intelligence vit en accord avec la nature dans le regard réciproque qui achève la division en unité (en fait, les deux parties sont complémentaires).

C’est ce qui se passe chez notre auteur: ses personnages, simples, énergiques, dépourvus de toute sentimentalité artificielle, se reconnaissent et se retrouvent dans la dimension naturelle de la vie, ce qui signifie que ceux-ci n’interposent aucun écran artificiellement abstrait et vide entre eux-mêmes et la succession des étapes spatiales et temporelles de la vie. En cela consiste le talent de l’auteur de ces brefs récits: ramener son lecteur très moderne à la vie d’après nature, laquelle est mémoire et douleur, joie et action, conscience et connaissance. Sans le mal, car l’homme sain et intelligent l’exclut de sa perspective.

Le commerçant de melons

 L’oncle Turi avait un gros lot de terre dans la banlieue de la ville, dégagé de dettes et touchant d’autres terrains, sur le pourtour duquel s’espaçaient des figuiers.

Il ne se passait pas d’année sans que notre compère cultivât son petit lapin de terre, qu’il avait herité de son grand-père, en y plantant des melons, dûment arrosé avec l’eau de son puits assez profond.

Une fois dessiné et creusé un réseau de canaux, grâce au travail méticuleux et pénible de ses bras, l’eau y était canalisée de manière à baigner les semences. Depuis le figuier le plus haut de sa propriété on voyait se dessiner sur le terrain ce long serpent de caniveaux tapissés de petites plantes, où un lapin sauvage venait, titillant, sautillant, flairer de temps en temps les feuilles naissantes.

L’oncle Turi n’était pas qu’un bon cultiveteur, il était aussi un gardien attentif qui savait à l’occurrence bien manier son fusil de chasse, à deux canons, qu’il portait en bandoulière. Personne n’osait s’approcher de ses melons, pas même les rats ni les lapins, à tel point tous tremblaient devant la menace des coups de tonnerre tirés par son fusil.

Ses melons, de juin à juillet, croissaient énormément, atteignant une proportion démesurée, chacun pesant entre 12 à 15 kilos. A les voir, ils étaient beaux, luisant au soleil et au clair de la lune. A la mi-juillet les melons paraissaient avoir atteint le juste degré de maturité : c’était alors que l’oncle Turi, pour essayer leur goût, pratiquait dans leur rondeur un petit trou.

Puis il retirait la rondelle ainsi obtenue et la goûtait.

Souvent, pour ces essais, il convoquait sa femme, Marie, grosse femme aux cheveux couleur du corbeau, laquelle à son tour donnait son avis.

Quand le temps de la récolte était arrivé, coïncidant avec la fin de juillet, voilà que notre compère préparait une vieille charrette, traînée par un non moins vieux canasson, dans laquel il mettait ses melons pour les vendre dans les rues de sa ville.

« Achetez mes melons, achetez les melons de l’oncle Turi ! Ils sont tous savoureux ! Ils coûtent 50 lires le kilo ! »

Tout le monde achetait ses melons, sauf l’oncle Peppino (diminutif de Joseph), le cordonnier. Chaque année, c’était la même histoire : il posait ses lunettes épaisses sur son établi, prenait les melons et les regardait le nez en l’air, tout en demandant à notre compère s’ils étaient mûrs. A quoi le brave cultivateur répliquait par l’affirmative. Pas satisfait du tout, l’oncle Peppino voulait vérifier ce que notre compère avait affirmé, mais l’oncle Turi lui répondait qu’il ne pouvait à chaque fois trouer tous ses melons. En effet, quelques-uns étaient déjà posés aux coins de la charrette et leurs rondelles étaient ravagées par l’assaut des mouches et des abeilles.

A la tombée du jour la charrette s’en revenait presque vide et le peu qui en était resté roulait par terre, s’y écrasant et laissant la pulpe charnue aux couleurs du coucher.

Cette odeur de café qui existait autrefois

 A travers le rideau de chanvre sordide à cause du va-et-vient des pêcheurs, sentant le relent des poissons,  on apercevait au loin le quai du port et les bateaux ancrés portant les noms des saints ou des personnes aimées.

Leur roulis était doux sur les vagues formées par les eaux noires. Sur la poupe quelques mouettes regardaient fixement le résultat de la pêche.

Dans le café du port, noirci par les fumigations, on pensait au lendemain, on imaginait les aventures, on jouait aux cartes qui sentaient, elles aussi, le poisson.

Au-dessus de la lampe, une lumière qui n’avait rien d’artificiel ni de réel, enveloppée constamment d’un dense nuage de fumée des pipes, embrassait, comme une sorte de chaleur rassurante, la table de bois massif, les visages hâlés et ridés, traversés par le souci, attentifs, les vêtements en laine usés, non entièrement nettoyés des écailles, évidemment trace non effacée du travail à la mer.

Et pendant que l’on se disputait au jeu, parfois si vivement qu’on se laissait échapper des jurons, les tasses à café se heurtaient sur le comptoir, secouées par les coups donnés à la machine qui n’effectuait pas régulièrement son travail.

Le sirotement du café, à petites gorgées, c’était comme la suspension momentanée du temps rude, consacré habituellement à la besogne épuisante. Au-dessus du comptoir il y avait l’image de la Vierge, éclairée par une bougie électrique ; à côté de celle-ci la photo d’un conjoint, peut-être le fondateur de l’activité, dont la figure était tellement noircie par la fumée.

Au-dehors, le phare signalait sa présence par l’écoulement des heures qui lentement se consumaient entre les filets, les nasses et le jeu de cartes, envoyant des signaux intermittents aux mouettes qui tournoyaient au loin sur le fond nuancé du coucher.

Dans la solitude, au milieu des ombres qui avançaient rapides, le gardien avait jeté sa ligne dans la profondeur de la mer, au moment même où un navire avait apparu à l’horizon.

Entre-temps, toujours dans un mouvement incessant, d’autres pêcheurs étaient entrés au café portant des nouvelles des pays lointains, lesquelles tombaient dans le même tourbillon d’ivresse et d’hystérie. Au-dessus de toute chose demeurait l’amour pour la mer et la liberté.

La vie rustique du bourg

 Les maisons rustiques en grès, suintant la moisissure, renferment les traces du passé, paraissent dans un équilibre instable sur les pentes de la montagne solitaire.

Ici les seules choses qui changent sont les nuages mouvants et les oiseaux qui s’envolent vers d’autres contrées, suivant le chemin, mais celui-ci ô combien éthéré, des vieux qui laissent le bourg pour une autre destination, celle-ci ô combien merveilleuse. Les jeunes, eux aussi, ont quitté le bourg, mais à la recherche de leur avenir, ils ne reviendront que pendant les fêtes (si pourtant ils reviennent !). Les émigrants sont reliés à leur bourg par de minces fils, lesquels, à certains moments nostalgiques, se tirent comme les fils de grelots d’amour : ce sont les petites choses d’une petite vie laissées dans un paradis perdu.

Sur l’unique place se rassemblent les vieillards et quelques mendiants, dont les pas solitaires retentissent sur les dalles d’un monde confié désormais au passé qui ne revient plus.

Faible est la lumière sur les ruelles étroites et fermées. Au haut des balcons pendent les vêtements, frais de lessive, livrant les âmes des absents.

Dans le silence les enseignes usées indiquent le débit d’un commerce qui était autrefois à la mode. Non loin de là, pendant ce temps, un colleur vient d’afficher l’avis de vente aux enchères ; sa bicyclette, appuyée contre le trottoir, attend. Sur le même mur des graffiti se traînent mêlés à d’autres phrases délavées. Et tandis que d’autres vieux stationnent, dans une posture flasque et lâche, sur des bancs, en parlant avec fatigue de leur retraite ou de leur passé, ou encore en écrasant des mouches agaçantes, les racontars filent dans le petit bar, quoiqu’ils ne soient pas différents de ceux qui courent chez le coiffeur, où le mot de la loterie revient comme un rêve impossible. En face du bar, tout près de la porte cochère d’un vieux édifice, une icône étale des mots latins que personne ne lit plus.

Des jeunes (les seuls qui restent) jouent au ballon dans une rue, et leur geste est le coup de pied contre la monotonie qui affecte irrémédiablement la vie du bourg.

Vous souvenez-vous du vélo du colleur?

Eh bien, un chien qui rôdait aux alentours s’est arrêté là, a levé sa patte postérieure, et devinez…

Dans la petite place, la seul signe moderne, la cabine téléphonique, témoigne que le bourg ne s’est pas décollé du tout du monde qui l’entoure, mais hélas ce n’est qu’un signe, sans plus être un objet réel ; un autre signe important, le lampion, éclaire uniquement un kiosque (à quoi sert ce dernier sinon à l’affichage des nécrologes ?) et dégage les ombres épaisses des endroits à peine éclairés.

Mais qu’il est long, ce colleur, peu de minutes se sont écoulées…et tac…le vélo a disparu.

 

 

 

 

Racconti di altri tempi

 

Prefazione

 C’erano una volta gli anni Cinquanta: anni di scommesse e di incertezze, ma soprattutto anni di speranze. Il baratro della guerra e dell’occupazione nazista era ormai alle nostre spalle e guardavamo avanti, ad un paese da ricostruire, a bisogni da inventare e da soddisfare, ponendo le basi all’esplosione economica e culturale del decennio successivo.

Gli anni ’50 erano gli anni della vespa, di Coppi e Bartali, Togliatti e De Gasperi, gli anni di Bassani, Moravia, Pasolini, Gadda; l’Italia di Carosello e delle utopie industriali.

Un decennio lungo per un  secolo breve” così sono stati definiti gli anni Cinquanta, durante i quali l’Italia, povera ma bella, scommetteva sulla propria creatività  diventando “grande”.

Come in un nuovo Rinascimento, l’uomo e gli spazi dove viveva, si muoveva e lavorava  erano al centro della ricerca e della sperimentazione tanto tecnologica quanto artistica. L’uomo tornava al centro dell’interesse: l’uomo e i suoi bisogni, reali o indotti, l’uomo e i suoi consumi.

Arrivavano in quegli anni in Italia i primi elettrodomestici con il loro sapore d’oltreoceano: il frigorifero, la lavatrice, la televisione. Televisione per pochi, che all’inizio era nei bar, nella vetrina di qualche negozio o a casa di qualche amico; allora ci si riuniva la sera e tutto il condominio era lì a guardare “Lascia o Raddoppia” e il “Musichiere”. In mancanza si andava al cinema alla ricerca di uno specchio dove rivedere se stessi, sia nelle commedie di Totò e Fabrizi come nei grandi melodrammi e nei sogni di Fellini.

Consumo, commercio, pubblicità: gli anni ’50 erano gli anni di Carosello in TV; gli anni della pubblicità come scienza e come arte.

Tutti i miei racconti sono impiantati in questo periodo di storia italiana ove sono nati idoli e simboli di quello che eravamo o che potevamo essere, a cui guardare magari con nostalgia .

Il commerciante di angurie

Lo zio Turi aveva un grosso appezzamento di terra in periferia del paese, libero da recinti e confinante con altri, delimitato di tanto in tanto da grossi alberi di fichi. Non passava anno che lo zio Turi coltivasse quella proprietà, lasciatagli in eredità dal nonno, con piante di angurie che venivano, quasi due volte la settimana, irrorate dalla vicina fonte di un capiente pozzo. L’acqua era convogliata nei diversi canali incisi sul terreno dove crescevano le pianticelle con un paziente lavoro di braccia e zappa. Dall’albero di fico, più alto della proprietà, si scorgeva quel labirinto di cunicoli d’acqua e piante ove qualche coniglio selvatico saltellava annusando le tenere foglie.

Lo zio Turi era anche un attento guardiano della sua proprietà e oltre la zappa portava a tracolla un fucile da caccia a due canne; nessuno mai osò avvicinarsi alle angurie, anche i topi e i conigli erano timorosi delle sue irruenti fucilate. Le angurie da giugno a luglio crescevano a dismisura, fino a raggiungere il peso di 12 chilogrammi ciascuna. A vederle erano belle, luccicavano al sole e ai raggi della luna. A metà luglio le angurie sembravano mature, così zio Turi per provare il loro sapore e la maturazione faceva con un coltello appuntito un tassello sulla scorza di qualcuna. Poi estraeva il piccolo rettangolo rosso e lo assaporava. Spesso, per questi assaggi, faceva intervenire anche la moglie Maria, donna robusta dai capelli corvini, che dava pure il suo parere. Il tempo del raccolto era giunto a fine luglio, le grosse angurie venivano poste su un antico carretto tirato da un vecchio mulo e portate per la vendita lungo le vie del paese. “Angurie du zì Turi! Angurie saporite! Angurie a lire 50 il Kg!!”

Tutti compravano le angurie, tranne zio Peppino, il ciabattino. Ogni anno la solita storia, posava le sue spesse lenti sul tavolino da lavoro, guardava col naso all’insù le angurie e chiedeva se erano mature. Zio Turi rispondeva che lo erano. Zio Peppino, prima di comprare voleva provare l’anguria con un tassello, ma zio Turi rispondeva che non poteva bucarle tutte.

Infatti, solo alcune erano poste ai lati del carretto con dei tasselli circondati da mosche ed api.

A sera il carretto ritornava lungo la via quasi vuoto e le poche angurie rotolavano spaccandosi e lasciando la loro carnosa polpa ai colori del tramonto.

L’odore del caffè scomparso

 Attraverso la tenda di canapa, lurida per il passaggio dei marinai, impregnata di pesce, si scorgeva la banchina del porto affollata di barche che portavano incisi i nomi di santi o di persone care.

Il loro dondolio era dolce sulle chete onde delle scure acque.

A poppa qualche gabbiano era fermo a scrutare il pescato.

Dentro il buio locale del caffè del porto si discuteva, si pensava al domani, s’immaginavano avventure, si giocava a carte che sapevano anch’esse di pesce.

Sotto la lampada una luce surreale, nel denso fumo delle pipe, avvolgeva il tavolo massello, i volti bruniti e rugosi pensierosi ed attenti, i vestiti logori di lana con lucide squame; residui di lavoro come polvere di mare.

Mentre si giocava e si discuteva, a volte accesamente con qualche bestemmia, al bancone le tazzine di porcellana si rintuzzavano al fischio del nero caffè fuoruscito dalla rudimentale macchina che spesso, inceppandosi, si rimetteva in moto con un pugno del barista. Dopo attimi di dolce riflessione, seguiva una sospirata pausa sorbita lentamente dai marinai accompagnata dalle callose mani. Sopra il bancone c’era l’immagine della Madonna con accanto un lumino e una foto d’antenato annerita di fumo che sembrava guardare attento dall’aldilà ogni gesto. Fuori, il faro segnava la sua presenza nell’attesa che pian piano si consumava tra le reti, le nasse e il gioco delle carte, e mandava segnali alterni al volo vorticoso dei gabbiani in un giorno faticoso che stava tramontando. In solitudine, il guardiano pescava nella profondità del mare, mentre dall’orizzonte giungeva una nave.

Altri marinai affollavano il caffè del porto, portavano notizie da altri paesi, litigavano e bevevano, ma erano uniti da un unico amore per il mare e la libertà.

 Vita di borgata

Le rustiche case di tufo impregnate d’umido racchiudono memorie, sembrano poste in bilico sui pendii del monte solitario. Qui le uniche cose che cambiano sono il celere passaggio delle setose nuvole e il volo delle aquile, qualche vecchio che lascia questo mondo per abbracciarne un altro eguale alla giostra infinita di libertà posta nel cielo sopra il monte. I giovani sono andati tutti via a lavorare al Nord, ma a volte ritornano solo per le feste di Natale per ritrovare i propri cari.

C’è ancora quel filo sottile d’appartenenza al mondo natio, un mondo fatto di semplici ricordi e di semplici cose che possono avere un valore ineguagliabile nella vita di un emigrante. Nell’unica piccola piazza si riuniscono i soliti vecchi amici e qualche mendicante lasciando segni di brevi passi sulle rettangolari lastre di marmo.

Debole è la luce nelle viuzze strette e chiuse. In alto ai balconi degli indumenti, mossi dal vento, liberano le anime di assenti. Nel silenzio le logore insegne indicano il passato e i profumi e le mode di antiche mercerie.

Alcuni  anziani, seduti sulle consunte panchine, parlano del passato, della pensione, giocano a carte, schiacciano delle mosche.

Lì vicino, intanto, sul rustico muro è affisso un avviso di vendita all’incanto e la bici dell’attacchino, appoggiata sul marciapiede, attende …

Su quel muro alcune parole dipinte si confondono con altre vecchie frasi di alcune lune passate. Al piccolo bar le notizie della borgata sono eguali a quelle sentite dal barbiere, ove si sogna la lotteria nel fumo denso delle sigarette.

Dirimpetto al bar, accanto ad un portone, un’antica icona porta una scritta in latino che nessuno più legge. I pochi giovani rimasti giocano al pallone lungo la via dando tutto il loro impulso di vita alla monotonia.

Intanto sulla ruota della bici il randagio ha fatto il suo fisiologico bisogno.

Nella piazzetta l’unica cabina telefonica non funziona e nella solitudine il lampione è il faro dell’immaginazione … oltre la tenue luce s’intravedono appena le ombre e le scritte dell’edicola che espone i pochi giornali e i nuovi necrologi.

Girato l’angolo: “ la bici non c’è più!”.

 

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