Ma classe V C (Le récit de Giovanni Teresi) -La mia Classe V C (Racconto breve di Giovanni Teresi)

 

 

Photo par Google

 

Un jour j’eus dans les mains une photo souvenir de ma classe terminale; c’était l’année 1968. La photo représentait le Proviseur et les professeurs, parmi lesquels étaient les élèves. C’était une année pleine de ferments révolutionnaires, bouillonnante d’idées, mais dans cette photo, à y regarder de près, personne, dont la mise était bien en ordre, ne paraissait épouser la contestation, laquelle investissait tous les secteurs de la vie sociale.

Cette classe, de l’Ecole de Commerce, paraissait, par contre, respectueuse et soumise.

On y parlait souvent, je m’en souviens bien, de football, non seulement au niveau national, et de l’équipe ambitionnant son accession à la catégorie C. En prenant cette photo, je me suis senti tout de suite saisi par le passé, d’autant qu’il il y a une distance de 38 ans entre ce temps révolu et le présent. Dans ce long intervalle beaucoup de mes camarades, ainsi que certains de mes professeurs, sont décédés, mais non dans ma pensée. J’aimerai bien revoir les survivants, je n’exclus pas qu’ils ont changé, en tout cas je préfère les imaginer comme ils étaient alors, figés dans le temps.

Peur du déclin, débutant à partir d’un certain seuil ? Seront-ils les mêmes ? Mais non !…Il s’est bien écoulé du temps pour qu’on imagine qu’ils soient restés inchangés. Avec cette photo, je respire un air familier, les souvenirs lointains s’emparent de moi. Beaucoup d’entre eux ont atteint, comme moi, le stade supérieur des études avec un diplôme universitaire, ils auront quitté la Sicile ou ils seront allés à l’étranger. Ils se seront mariés et seront devenus grands-pères.

Mes souvenirs ne pouvaient pas se satisfaire uniquement par la pensée ; j’ai voulu me revoir dans la salle de classe à laquelle se rattachent ces liens profonds.

Sur place, une émotion intense me saisit. J’ai constaté qu’aucune modification sérieuse n’avait été apportée aux vielles structures de l’édifice ; la porte de la classe était comme autrefois, grande et large.

Je n’étais pas encore entré qu’une odeur âpre de moisissure imprégnant tous les éléments de la classe faillit m’étouffer. Les grandes fenêtres étaient fermées, du fait que l’école n’avait pas commencé. J’ai reconnu la place où je m’asseyais, le tableau et le crucifix suspendu sur le pupitre des professeurs. Seulement les bancs, les porte-manteaux et les cartes géographiques avaient été remplacés. Par contre, ce qui m’avait le plus frappé, c’était la fixité dans le temps, presque avec la volonté d’attendre les élèves et les professeurs nouveaux, du tableau noir et du crucifix en plâtre. Je me suis approché du tableau et j’y ai vu tout autour les marques du passage des classes, parmi lesquelles, dans un coin, j’ai aperçu le signe idéographique laissé par ma classe : « Notre classe, la Ve C, c’est la meilleure ! ». M’étant ensuite approché du crucifix, j’y ai remarqué la même expression de douleur et de pitié.

Combien d’élèves auront passé sous ses yeux ? Combien de prières se seront élevées vers lui sous le poids des travaux scolaires ? Lentement, mais doucement, je suis sorti de cette classe, comme pour me garder d’entamer la fragilité de ce temps à jamais révolu, mais j’étais content d’avoir revu le tableau et le crucifix, dont le regard ne cessera pas de se détourner des générations qui  se succèderont. Tout change : le concierge avec sa blouse noire, les bancs de bois…ne sont plus là, mais l’odeur des cahiers, des crayons, du savoir, imprègnera toujours ce milieu riche en humanité. Maintenant que je suis professeur, j’entends une voix qui me parle dedans, laquelle, quand je suis assis à la table de travail, me pousse à reprendre les vieux livres jaunis : ces pages racontent à l’esprit de celui qui les lit le passé, qui est l’identité d’un groupe social, car en lui s’éternise le savoir déjà acquis et fructueux pour l’avenir. C’est le temps, la dimension du savoir, lequel est filtré, tamisé, recueilli, condensé à travers l’écoulement anodin des jours…

Seront-elles, ces pages, jaunies, poussiéreuses, illisibles, elles porteront quand-même des paroles, des phrases, des calculs, des dits, gravés pour toujours… Aux yeux fatigués, mais pour lesquels l’approche du savoir sera une marche sans arrêt, au visage de nos enfants, de nos petits-fils s’offriront incessamment les dons les plus beaux : l’histoire en tant qu’expérience pétrie de l’homme qui marche et l’exposition de cette dernière en leçons de vie. Et encore le temps recouvrira-t-il les mots, les pensées, de poussière, mais il n’aura jamais le pouvoir de les effacer, de les anéantir. Le tableau, marqué par les graffitis des classes qui se sont succédé, reste là pour témoigner de cette pérennité, même à travers les couches blanches, opérées par la craie, de ce qu’on a écrit dessus, en formules, lettres, propositions structurées.

Tout cela devient comme la série de photogrammes qui se coulent dans le dénouement d’une pellicule filmique.

Ainsi arrêté-je ce dénouement, et il me semble que des visages lointains, dans l’avenir, se fixent dans mon esprit, et il me paraît entendre leur voix, le bruit de leur pas dans cette même salle de classe, où de nouveaux professeurs se relieront dans leur généreuse tâche. Sur tout cela, sur le temps, sur la vie, se dégagera, intangible, vigoureuse, solide, altruiste, l’humanité du professeur, lequel accompagnera ses élèves, non comme un expert, mais bien plutôt comme un ami.

Giovanni Teresi

 La mia Classe V C

Un giorno mi capitò tra le mani una foto ricordo dell’ultimo anno di diploma; era il 1968. La consueta foto con il Preside e gli insegnanti in mezzo agli alunni. Era un anno particolare di rivoluzioni di idee, ma in quella foto nessuno, a guardare dai capelli ben pettinati e i volti ben rasati, sembrava appartenere alla contestazione.

Ricordo che si discuteva della condizione femminile, della scuola, della famiglia.

Una classe, la V Sez. C dell’Istituto Tecnico Commerciale “Garibaldi”, compatta e rispettosa. Si parlava spesso di calcio non solo nazionale, ma soprattutto della squadra del paese che sognava la serie C. Questa foto mi fa rivivere il passato, sono trascorsi già 38 anni. Purtroppo alcuni miei compagni come alcuni insegnanti sono morti, ma non nel mio pensiero. Gli altri mi piacerebbe rivederli, certo saranno cambiati… comunque, forse è meglio immaginarli come allora.

Paura degli ‘anta? Che il loro modo di pensare sia cambiato? No!… forse perché in quest’ampio lasso di tempo troppo è mutato. Desidero solo con questa foto respirare l’aria dei ricordi. Da quella data molti si sono laureati, come me, si sono allontanati dalla Sicilia per lavoro, altri saranno anche all’estero, si saranno sposati e saranno anche nonni.

Così, spinto dai ricordi, un giorno mi sono recato all’Istituto “Garibaldi” per rivedere la mia aula. Una certa emozione mi pervadeva. All’Istituto non erano stati apportati grandi cambiamenti strutturali; la porta dell’aula è sempre ampia ed alta.

Sono entrato: un odore acre di chiuso e di muffa invadeva le attrezzature scolastiche.

Le ampie finestre erano chiuse perché la scuola non era iniziata. Ho riconosciuto il posto dove sedevo con il mio compagno di banco, la lavagna e il Crocifisso appeso sopra la cattedra. Solo i banchi, gli appendi panni e le carte geografiche erano cambiati. Mi sono avvicinato alla lavagna che era segnata tutt’intorno dalle varie classi, in un angolo ho scorto, emozionato, la sigla della mia classe scolpita allora con un temperino:

la Classe V C, la migliore!

Poi, mi sono avvicinato al Crocifisso e ho letto la stessa espressione di dolore e pietà.

Quanti alunni saranno passati sotto i suoi occhi in questi lunghi anni?

Quante preghiere saranno state elevate nell’emozione dei compiti?

Lentamente e in silenzio sono uscito dall’aula come per non scalfire il tempo passato, ma ero contento di aver rivisto la lavagna e il Crocifisso, che ancora volge il suo sguardo eterno alle future generazioni. Tutto cambia, è vero! il grembiule nero, il bidello con la sua divisa, i banchi di legno… non ci sono più, ma… è rimasto sempre il valore della Scuola, l’odore dei quaderni delle matite e del sapere.

Ora docente, una voce dentro guida il mio cuore. Nel mio studio, sfogliando alcuni vecchi libri, delle riflessioni spontanee affiorano alla mia mente: “le pagine ordinate raccontano alla soffusa luce della memoria il passato di ognuno, vivono in esse le discipline eternate per la vita. Saranno queste pagine ingiallite, coperte di polvere, a volte illeggibili, ma… portano scolpite le parole, le frasi, i calcoli, i detti. Agli occhi stanchi, non potrà mai chiudersi il sipario della cultura… Ai volti dei nostri figli, dei nostri nipoti, si offriranno sempre i doni più belli: il libro della storia, la libertà del pensiero, la sapienza delle lezioni.

Il tempo scandirà ancora le pause, le riflessioni; coprirà di polvere le parole, ma non le cancellerà. La nera lavagna segnata attorno dalle varie classi, il sottile gesso che ha scritto il sapere in formule, in lettere e poi cancellate, sono lì da anni.

Sempre vivo è il ricordo della storia. Nell’arco del tempo i giorni scorrono spontanei,  naturali, a volte cruciali. Le parole, i pensieri si rinnovano, si ricordano nel presente che sfugge, che si snoda agli occhi delle generazioni. La politica, la carta stampata, le foto sono film a quelle pupille che si schiudono in timoroso avvenire”.

Così mi fermo e guardo i diversi volti degli alunni: figli del futuro! Mi fermo e ascolto le loro voci, poi… penso che col tempo nella loro mente, nella loro vita ci sarà sempre il loro docente e quell’aula ove forse si sbiadiranno le formule, ma…indelebile sarà la figura dell’uomo, del loro amico insegnante.

Giovanni Teresi

 

                                      

 

 

Annunci

Rispondi

Inserisci i tuoi dati qui sotto o clicca su un'icona per effettuare l'accesso:

Logo WordPress.com

Stai commentando usando il tuo account WordPress.com. Chiudi sessione /  Modifica )

Google photo

Stai commentando usando il tuo account Google. Chiudi sessione /  Modifica )

Foto Twitter

Stai commentando usando il tuo account Twitter. Chiudi sessione /  Modifica )

Foto di Facebook

Stai commentando usando il tuo account Facebook. Chiudi sessione /  Modifica )

Connessione a %s...