Récits Siciliens d’autrefois -11 Mai 1860 – centenaire du débarquement des Mille à Marsala – Bref récit de Giovanni Teresi

 

 

 

 

11 Mai 1860 – centenaire du débarquement des Mille à Marsala – Bref récit de Giovanni Teresi

 

J’avais neuf ans et j’étais en 4e élémentaire dans un établissement qui s’appelait « Mazzini ». Sur l’invitation du maire de Marsala, les écoles préparaient leurs élèves au centenaire du débarquement de Garibaldi et de son escadron constitué de ses Mille aventuriers.

Les rues de la ville étaient ornées comme pour un jour solennel de petits drapeaux et de cocardes, tandis que les quais étaient nettoyés pour accueillir les bateaux et les autorités. L’institutrice avait invité les mères des enfants à se faire coudre les tenues qu’endossaient les acolytes du Général. Cette récurrence était telle qu’elle permettait d’évoquer la date célèbre qui concernait la ville de Marsala. Comme mes camarades, j’ai endossé la tenue que ma mère avait confectionnée pour moi. Je me rappelle que la casquette rouge, bordée d’une visière noire, donnait une certaine importance à ma personne : du moins, était-ce ma sensation.

Au moment où les enfants s’essayèrent à réaliser en ordre le défilé, ils avaient donné l’impression d’être de petits soldats combattant pour la liberté ; et d’ailleurs ce mot campait à grosses lettres au balcon et dans les rues. Les bateaux des pêcheurs, ancrés au port, se dandinaient au rythme des vagues et eux aussi exhibaient les bannières aux trois couleurs. La bande musicale, dirigée par un quidam, bas et trapu, répétait l’hymne.

Tout était désormais prêt. Garibaldi était personnifié par un type dégingandé, familier du port, à la barbe rousse et dont la tenue lui serrait un peu le corps.

Les navires Piémont e Lombard étaient représentés par de grandes embarcations habituellement destinées à la pêche, lesquelles, adaptées à l’occasion, devaient faire semblant d’entrer dans le port avec le Général, soutenues à terre par l’escadron des volontaires saluant l’arrivée de l’armée libératrice.

Dans la réalité historique, avant que le débarquement eût lieu, on avait tapissé les murs de la ville avec des affiches, envoyées aux escouades, aux villes voisines et à celles qui se tenaient coites sur les montagnes:

« Siciliens !

Je vous ai amené un manipule d’hommes vaillants, accourus à vos cris de guerre, survécus aux combats de la Lombardie.

Nous sommes avec vous et nous désirons avec vous la libération de la tyrannie. Si nous serons tous unis notre tâche sera facile.

Donc aux armes ! Celui qui ne prend aucune arme est traître et canaille. A rien ne vaut le prétexte accusant le manque des armements.

On aura les fusils, mais en ce moment toute arme est bonne, si elle est saisie par les mains d’un homme courageux. Les Communes prendront soin de vos enfants, de vos femmes, de vos vieux que vous laisseriez derrière vous !

La Sicile aura montré une fois encore au monde comment tout un peuple galvanisé par la volonté unanime, sait se libérer de ses oppresseurs. »

Ce qui était nécessaire en ce moment-là, c’était la force de l’encouragement qui animât la révolution davantage qu’elle ne l’était déjà, car elle couvait sous les cendres de la révolte tacite. Entre-temps, l’équipage de deux navires se tenait prêt à l’assaut sous la surveillance rigoureuse de leurs Commandants, et ces gens ne faisaient que regarder les montagnes qui paraissaient des nuages entassés mais qui manifestaient au fur et à mesure leur profil brumeux.

Déjà pour ces gens embarqués ces montagnes exprimaient toute la Sicile résolue au combat et à leur accueil fraternel.

Et quand apparut une étendue de sable entre la mer et la terre ce fut un lancement de cris de joie : c’était Marsala ! On était arrivé à Marsala !

Et pendant que ce gens criaient, les deux bateaux filaient, glissaient, soutenus par le vent qui venait d’Occident. C’était l’atmosphère de cette époque révolue, mais, avec la distance du temps qui s’était écoulé depuis lors, il était difficile de la reproduire identique dans les détails et les sentiments.

Un enseignant de mathématiques, accoutré dans une certaine ressemblance, proche du personnage historique (Nino Bixio) qu’il devait personnifier, avait atteint son but de façon sûre.

La bande avait entamé l’exécution de l’air prescrit, non sans quelque stridence. Revenant à l’histoire, on nous a toujours dit que sur le pont du navire « Piémont », procédant en avant, ceux de l’autre navire « Lombard » resté en arrière, avaient vu le Général au milieu de quelques-uns de ses acolytes scruter devant lui, muni d’une longue-vue. Son attention était attirée par deux navires de guerre ancrés au port, de couleur blanche. Soudainement le « Piémont » parut ralentir sa course, presque s’arrêter : un bateau de pêche venant de Marsala s’était approché de lui et de là quelqu’un avait sauté sur le pont du « Piémont ».

C’est par la bouche de cet inconnu qu’il apprit ce qu’il n’ignorait probablement pas : les navires ancrés au port étaient de provenance anglaise. A cette nouvelle l’informateur avait ajouté que deux bateaux de provenance napolitaine avaient pris le large pour Sciacca et Girgenti et que dans la même matinée des miliciens s’étaient dirigés vers Trapani. Et le navire « Piémont » de continuer sa route suivi du « Lombard », sur lequel se trouvait M. Bixio, totalement étranger aux informations déjà acquises par le Général ; c’est pourquoi le premier  incitait sans cesse ses hommes à maintenir la route. Finalement le « Piémont » entrait dans le port et il s’y plaçait comme dans son endroit naturel. Ce fut en ce moment-là que M. Bixio incita son équipage à accélérer la vitesse du navire ; il s’arrêta peu après aux approches du côté droit du môle.

Midi avait sonné depuis peu : c’était le 11 Mai 1860.

 

Désormais loin de la réalité historique, nous autres, enfants d’un siècle écoulé depuis ces évènements-là, nous revivions avec joie le fait d’être des « picciotti » (jeunes acolytes) du Grand Général.

Giovanni Teresi

 (Traduction par M. Gioacchino Grupposo)

 

 

             11 Maggio 1960 – centenario dello sbarco dei Mille a Marsala -Racconto breve di Giovanni Teresi

 

 

Su invito del Sindaco, le scuole preparavano gli alunni al centenario dello sbarco di Garibaldi e dei suoi Mille adepti. Le vie di Marsala erano addobbate con bandierine e coccarde a festa, mentre le banchine del porto venivano pulite per accogliere le barche e le autorità.

La maestra aveva dato istruzioni alle mamme per far cucire le divise da garibaldini per i loro figli. Dopo una sommaria spiegazione dei vari momenti dell’11 Maggio 1860, questa data, che si ripeteva dopo un secolo, sembrava far rivivere tutta la sua importanza.

Come gli altri miei compagni di scuola, ho provato la piccola divisa di garibaldino cucita da mia madre. Ricordo che il berretto rosso e la visiera nera sugli occhi mi facevano sentire importante. Poi, alle prove per la sfilata, gli alunni sembravano piccoli soldati per la libertà: parola che inneggiava scritta ai balconi e per le strade.

Le barche dei pescatori al porto si dondolavano chete al moto delle onde e anch’esse erano addobbate con colorite bandiere tricolori.

La banda municipale provava, con il maestro basso e tarchiato, l’inno.

Tutto era quasi pronto. Garibaldi era impersonato da un omaccione del porto con una barba rossiccia ed una divisa a dir il vero un po’ stretta. Le navi Piemonte e Lombardo erano rappresentate da grosse barche da pesca adattate per l’occasione, che dovevano entrare al porto con Garibaldi e i garibaldini mentre i picciotti dal porto dovevano incoraggiare lo sbarco. Nella storia vera, prima dello sbarco dell’11 maggio 1860, furono affisse copie di un proclama al corso principale di Marsala, ne furono mandate altre ai paesi vicini, e alcune alle squadre che stavano sui monti:

“Siciliani!

Io vi ho condotto un piccolo pugno di valorosi, accorsi alle vostre eroiche grida, avanzi delle battaglie lombarde. Noi siamo qui con voi, ed altro non cerchiamo che di liberare il vostro paese. Se saremo tutti uniti sarà facile il nostro assunto. Dunque, all’armi! Chi non brandisce un’arma qualunque è un vile o un traditore. A nulla vale il pretesto che manchino le armi. Noi avremo i fucili ma per il momento ogni arma è buona, quando sia maneggiata dalle braccia di un valoroso.

I Comuni avranno cura dei figli, delle donne, dei vecchi che lascerete addietro! La Sicilia mostrerà ancora una volta al mondo come un paese, con l’efficace volontà d’un intero popolo, sappia liberarsi dai suoi oppressori”.

Allora bisognava che la gran voce andasse e infiammasse la rivoluzione già quasi vinta. Intanto i marinai stavano sulle due navi per ordine severissimo dei comandanti, e guardavano dall’orlo dei parapetti le colline e i monti che dapprima sembravano nuvolaglia e che, poi, mostravano i loro profili sempre più netti.

Quei monti per quei cuori erano già tutta la Sicilia che si animava, che esultava, che cantava alla loro venuta. Poco dopo, quando cominciò ad apparire una striscia bianca tra mare e terra, si diffuse la voce che là era Marsala. Marsala!!.. Che fortuna! Era il grido dei garibaldini mentre i due legni filavano agili, aiutati anche da un po’ di ponente.

Questa era l’atmosfera di allora, ma a distanza di un secolo era difficile ricostruirla nei particolari e nelle emozioni. Ricordo che Nino Bixio doveva impersonarlo un maestro di matematica, che truccato a dovere quasi ne assumeva le sembianze.

Frattanto la banda suonava per le vie della città con qualche nota a volte stonata.

Tornando indietro nella storia, per ciò che effettivamente è avvenuto, ci è stato detto che sul ponte della nave “Piemonte”, che andava sempre avanti, i marinai della “Lombardo” vedevano Garibaldi circondato da un gruppo dei suoi con i cannocchiali;  guardavano due navi da guerra bianchi, ancorati nel porto. Ad un tratto la “Piemonte” rallentò, quasi si fermò e prese su qualcuno da una barca peschereccia che veniva da Marsala. Così Garibaldi seppe da costui che erano navi inglesi, che dal porto di Marsala, nella notte,  altre due  navi napoletane erano partite per Sciacca e Girgenti e che in quella stessa mattina delle milizie, venute via dalla città, erano dirette a Trapani. La fortuna, dunque, era proprio tutta dalla parte di Garibaldi!  E la nave  “Piemonte” filava e la “Lombardo” dietro con Bixio, che non sapendo tutto ciò,  tempestava i suoi di stare giù e li minacciava  se avessero sbagliato manovra.

Poco dopo la nave “ Piemonte” imboccava il porto e vi si ancorò in mezzo. Allora Bixio lanciò la  “Lombardo” come un cavallo sfrenato e si fermò fuori del molo destro.  Era il tocco dopo mezzogiorno dell’11 Maggio 1860. Quanto su raccontato, poi era rivissuto senza le navi “Piemonte” e “Lombardo” ma con la gioia di noi “picciotti” scolari garibaldini.

Giovanni Teresi

 

 

 

 

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