La vie rustique du bourg – Erice, ancien bourg médiéval – Récits Siciliens d’autrefois de Giovanni Teresi

 

Risultati immagini per immagini delle strade di Erice in jpg
Caratteristica stradina di Erice  (Trapani) – ricerca immagini tramite google

 

 

 

Les maisons rustiques en grès, suintant la moisissure, renferment les traces du passé, paraissent dans un équilibre instable sur les pentes de la montagne solitaire.

Ici les seules choses qui changent sont les nuages mouvants et les oiseaux qui s’envolent vers d’autres contrées, suivant le chemin, mais celui-ci ô combien éthéré, des vieux qui laissent le bourg pour une autre destination, celle-ci ô combien merveilleuse. Les jeunes, eux aussi, ont quitté le bourg, mais à la recherche de leur avenir, ils ne reviendront que pendant les fêtes (si pourtant ils reviennent !). Les émigrants sont reliés à leur bourg par de minces fils, lesquels, à certains moments nostalgiques, se tirent comme les fils de grelots d’amour : ce sont les petites choses d’une petite vie laissées dans un paradis perdu.

Sur l’unique place se rassemblent les vieillards et quelques mendiants, dont les pas solitaires retentissent sur les dalles d’un monde confié désormais au passé qui ne revient plus.

Faible est la lumière sur les ruelles étroites et fermées. Au haut des balcons pendent les vêtements, frais de lessive, livrant les âmes des absents.

Dans le silence les enseignes usées indiquent le débit d’un commerce qui était autrefois à la mode. Non loin de là, pendant ce temps, un colleur vient d’afficher l’avis de vente aux enchères ; sa bicyclette, appuyée contre le trottoir, attend. Sur le même mur des graffiti se traînent mêlés à d’autres phrases délavées. Et tandis que d’autres vieux stationnent, dans une posture flasque et lâche, sur des bancs, en parlant avec fatigue de leur retraite ou de leur passé, ou encore en écrasant des mouches agaçantes, les racontars filent dans le petit bar, quoiqu’ils ne soient pas différents de ceux qui courent chez le coiffeur, où le mot de la loterie revient comme un rêve impossible. En face du bar, tout près de la porte cochère d’un vieux édifice, une icône étale des mots latins que personne ne lit plus.

Des jeunes (les seuls qui restent) jouent au ballon dans une rue, et leur geste est le coup de pied contre la monotonie qui affecte irrémédiablement la vie du bourg.

Vous souvenez-vous du vélo du colleur?

Eh bien, un chien qui rôdait aux alentours s’est arrêté là, a levé sa patte postérieure, et devinez…

Dans la petite place, la seul signe moderne, la cabine téléphonique, témoigne que le bourg ne s’est pas décollé du tout du monde qui l’entoure, mais hélas ce n’est qu’un signe, sans plus être un objet réel ; un autre signe important, le lampion, éclaire uniquement un kiosque (à quoi sert ce dernier sinon à l’affichage des nécrologes ?) et dégage les ombres épaisses des endroits à peine éclairés.

Mais qu’il est long, ce colleur, peu de minutes se sont écoulées…et tac…le vélo a disparu.

 

Risultati immagini per immagini delle strade di Erice in jpg
Centro storico di Erice (TP) – Ricerca immagini tramite google

 

 

Entouré de chênes et de murs gris, enfoncé entre des arbres de fruits et bordé de chemins en pentes raides, l’ancien bourg se perche sur la montagne.

La blanche Cathédrale, revêtue de créneaux en marbre, ainsi que les demeures aristocratiques, sont la trace du passé médiéval.

Une odeur délicieuse imprègne l’air : le baume, mélangé de moût et de bois, qui lentement se lève vers les nuages soyeux, se conjoint momentanément à la résine coulant des fentes de pins et au grincement du rabot, pour se répandre ensuite dans les ruelles. Au-dessus des portails, entre les élégantes rosaces, posent leur nid les hirondelles, lesquelles aiment choisir leur refuge au milieu des fenêtres ogivales d’un ancien immeuble.

L’histoire, s’exprimant par les pierres des chapiteaux et les frises du Château Normand, règne en souveraine tout autour ; les pierres verdies par la mousse, les cloisons bordant le ravin, les lampions rouillés, les tuiles brunies sur les toits, et les clochers sont prisonniers du temps. De l’abbaye sort un chant d’autrefois, de l’orgue usé provient une note harmonieuse ; des ombres et de faibles lueurs s’unissent entre les géraniums et les pots de herses au-dedans des portails.

L’icône de l’Immaculé ne dédaigne pas de sourire…et les heures et les instants suivent leur chemin, de l’aube au coucher, dans l’infini, suggestif, ineffaçable rêve.

 Giovanni Teresi

 

                                  

 

 

 

Annunci

Rispondi

Inserisci i tuoi dati qui sotto o clicca su un'icona per effettuare l'accesso:

Logo WordPress.com

Stai commentando usando il tuo account WordPress.com. Chiudi sessione /  Modifica )

Google photo

Stai commentando usando il tuo account Google. Chiudi sessione /  Modifica )

Foto Twitter

Stai commentando usando il tuo account Twitter. Chiudi sessione /  Modifica )

Foto di Facebook

Stai commentando usando il tuo account Facebook. Chiudi sessione /  Modifica )

Connessione a %s...